Un genou à terre depuis deux ans, P. KLOBOUKOFF - Académie du gaullisme

Académie du Gaullisme
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Secrétaire générale Christine ALFARGE
Président-fondateur Jacques DAUER
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Un genou à terre depuis deux ans, l’Allemagne tente de se relancer







par Paul KLOBOUKOFF,
Un peu incrédule, RTS affichait ce constat (1) sur son siteInternet le 10 octobre 2024. Le gouvernement allemand venait de revoir à la baisse sa prévision de croissance pour l’année 2024. Parmi les raisons, la forte reprise de la consommation n’avait pas eu lieu. Dans le doute, malgré l’augmentation des revenus réels, nombre de personnes avaient préféré épargner. En outre, avec la guerre en Ukraine, l’économie germanique ne bénéficie plus de livraisons de gaz russe bon marché. Elle souffre aussi de la faiblesse de la demande mondiale, de la montée du protectionnisme, des Etats-Unis, en particulier, et d’une vive concurrence sur les marchés mondiaux, d’entreprises chinoises subventionnées, notamment. Des handicaps structurels la pénalisent, avec une population vieillissante, une bureaucratie pesante et une transition écologique compliquée.
Parmi les remèdes, le gouvernement a misé sur une baisse des taux d’intérêt par la BCE, jugés élevés à 4%, et néfastes à la construction ainsi qu’à l’immobilier.
« L’Allemagne en récession pour la deuxième année consécutive sur fond d’enjeux électoraux », indiquait le site de l’UE le 15 janvier 2025 (2). Les mêmes causes de la crise du modèle économique étaient avancées, la concurrence de la Chine étant soulignée dans le secteur de l’automobile. Croissance : le recul du PIB était chiffré à - 0,1% en 2023 et à - 0,2% en 2024.
Le 20 juillet 2025, on pouvait lire sur economiematin.fr : « Allemagne : la croissance recule au deuxième trimestre 2025, signe de la volatilité de la reprise post Covid » (3).
Les droits de douane de 15% négociés entre Washington et Bruxelles et annoncés au début avril ont fait les dégâts redoutés Outre-Rhin, provoquant le reflux des livraisons vers les Etats-Unis, premier partenaire commercial de l’Allemagne. Pour le compenser, le Bundestag a voté en juin une levée partielle du frein à l’endettement… non sans débat. Des investissements massifs dans les infrastructures et dans la Défense sont également prescrits.
Dans son rapport de juillet, la Bundesbank prévoit une stagnation sur l’ensemble de l’année 2025. C’est aussi le pronostic de la Commission de l’UE, qui entrevoit un redémarrage graduel en 2026.
Les Allemands délaissent leur potion magique
Faut-il faire un lien entre cette fatigue Outre-Rhin et l’observation publiée le 20 août par le Journal de l’Economie : « En Allemagne, la consommation de bière est en chute libre » (4) ?
D’après les chiffres publiés par Brauwelt, le premier marché européen enregistre une baisse de - 6,8% sur les 5 premiers mois de 2025. Au 1er semestre, 262 millions (Mi) de litres se sont volatilisés. Les ventes avaient déjà baissé de – 4,5% en 2023, pour atteindre 8,4 milliards (Mds) de litres, puis de – 1,4% en 2024.
Mais le recul est plus ancien, puisque la conso annuelle moyenne par bouche était descendue de 107 l en 2013 à 88 l en 2023. Les jeunes boivent moins d’alcool, plus de boissons sans sucre et à base de thé ou de café… ainsi que de bière sans alcool.
Tous les pays d’Europe ne sont pas logés à la même enseigne
Les difficultés de l’Allemagne, client majeur de la France, ne doivent pas nous réjouir. Elles entravent aussi la croissance de nos activités.
Le 20 mai, dans un article intitulé « Croissance 2025 : l’Europe à plusieurs vitesses selon Bruxelles », ClubPatrimoine a présenté des prévisions de la Commission pour les états européens (5). Ses prévisions de croissance en 2025 et en 2026 sont de : + 0,9% et + 1,4% pour la zone euro, + 1,1% et + 1,6% pour l’ensemble de l’UE, + 0,0% et + 1,1% pour l’Allemagne, en quasi-stagnation, + 0,6% et + 1,3% pour la France, qui enregistrerait un des taux parmi les plus bas de l’Union… La Commission déplore ses déséquilibres budgétaires persistants et souligne la nécessité de mieux cibler ses dépenses et d’améliorer l’efficacité de ses politiques publiques.
En juillet, Eurostat a fait le point sur les endettements publics les plus lourds. En tête viennent la Grèce, à 152,5% du PIB, l’Italie, à 137,9%, la France, à 114,1%, la Belgique, à 106,8%, l’Espagne à 103,5% et le Portugal, à 96%. Plus disciplinée, l’Allemagne est à 62,3% du PIB et dispose donc de plus amples capacités de rebond. Les dettes des pays de l’est sont encore moins pesantes. Tandis que la « vieille » Europe peine à avancer, l’Est prend le relais et montre plus de dynamisme. Ainsi, en matière de croissance du PIB, la Pologne est largement en tête, avec + 3,3% en 2025 et + 3% anticipés en 2026.
*Paul KLOBOUKOFF  Académie du Gaullisme     le 20 août 2025
Sources et références
(1) Géant affaibli, l’Allemagne marche vers une deuxième année consécutive de récession RTS rts.ch/info/economie/2024/article/geant-affaibli…     Le 10 octobre 2024
(2) L’Allemagne en récession pour la deuxième année consécutive sur fond d’enjeux électoraux touteleurope.eu/economie-et-social/l-Allemagne-en-recession-pour-la-deuxieme…   Le 15 janvier 2025
(3) Allemagne : la croissance recule au deuxième trimestre 2025, signe de la volatilité de la reprise post Covid economiematin.fr/Allemagne-croissance-t2-2025-recul-pib-crise-europe Le 20 juillet 2025
(4) En Allemagne, la consommation de bière est en chute libre  Le Journal de l’Economie msn.com/fr-fr/actualite/monde/en-allemagne-la-consommation-de-biere…    Le 20 août 2025
(5) Croissance 2025 : l’Europe à plusieurs vitesses selon Bruxelles clubpatrimoine.com/contenus/croissance-europe Le 20 mai 2025

© 01.09.2025

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