1968 et 1969, la fin agitée du règne du général de Gaulle P. KLOBOUKOFF - Académie du gaullisme

Académie du Gaullisme
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Président-fondateur Jacques DAUER
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1968 et 1969, la fin agitée du règne du général de Gaulle
Le gouvernement secoué par les évènements de mai 1968






par Paul KLOBOUKOFF,
En mai 1968, la France a connu un mois de grèves, d’occupations d’usines, d’universités, ainsi que de manifestations et d’affrontements qui ont perturbé les activités des citoyens et paralysé l’économie du pays. Malgré les récents accords de Grenelle, le gouvernement s’est montré impuissant à maîtriser la situation.
Celle-ci n’est rentrée dans l’ordre qu’après l’allocution du 30 mai après-midi du général de Gaulle, alors président de la République.
« Françaises, Français : Etant le défenseur de la légitimité nationale et républicaine, j’ai envisagé, depuis 24 heures, toutes les éventualités, sans exception, qui me permettraient de la maintenir. J’ai pris mes résolutions.  
Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J’ai un mandat du peuple, je le remplirai.
Je ne changerai pas de Premier ministre, dont la valeur, la solidité, la capacité, méritent l’hommage de tous. Il me proposera les changements qui lui paraîtront utiles dans la composition du Gouvernement.
Je dissous aujourd’hui l’Assemblée nationale.
J’ai proposé au pays un référendum qui donnait aux citoyens l’occasion de prescrire une réforme profonde de notre économie et de notre Université et, en même temps, de dire s’ils me gardaient leur confiance, ou non, par la seule voie acceptable, celle de la démocratie. Je constate que la situation actuelle empêche matériellement qu’il y soit procédé. C’est pourquoi j’en diffère la date. Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu’on entende bâillonner le peuple français tout entier, en l’empêchant de s’exprimer en même temps qu’on l’empêche de vivre, par les mêmes moyens qu’on empêche les étudiants d’étudier, les enseignants d’enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l’intimidation, l’intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue main en conséquence et par un parti qui est une entreprise totalitaire, même s’il a déjà des rivaux à cet égard.
 
Si donc, cette situation de force se maintient, je devrai pour maintenir la République, prendre, conformément à la Constitution, d’autres voies que le scrutin immédiat du pays. En tout cas, et tout de suite, il faut que s’organise l’action civique. Cela doit se faire pour aider le Gouvernement, d’abord, puis localement, les préfets, devenus ou redevenus commissaires de la République, dans leur tâche qui consiste à assurer, autant que possible l’existence de la population et à empêcher la subversion à tout moment et en tous lieux.
La France, en effet, est menacée de dictature. On veut la contraindre à se résigner à un pouvoir qui s’imposerait dans le désespoir national, lequel pouvoir serait alors évidemment et essentiellement celui du vainqueur, c’est-à-dire celui du communisme totalitaire. Naturellement, on le colorerait, pour commencer, d’une apparence trompeuse en utilisant l’ambition et la haine de politiciens au rancart. Après quoi, ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids qui ne serait pas lourd.
Et bien ! Non ! La République n’abdiquera pas. Le peuple se ressaisira. Le progrès, l’indépendance et la paix s’imposeront avec la liberté.
Vive la République, vive la France ! ».
Peu après son allocution, une foule immense s’est rassemblée et a défilé sur les Champs Elysées pour affirmer son soutien au général de Gaulle. Il avait gagné la bataille. Mais son triomphe a été de relativement courte durée.
 
Le référendum fatal de 1969 et le départ du général de Gaulle
Le 24 mai 1968, pour calmer la colère des étudiants et des ouvriers, de Gaulle a annoncé la tenue prochaine d’un référendum sur la rénovation universitaire, sociale et économique du pays. Dix mois plus tard, les Français ont été appelés à se prononcer sur deux projets : - transformer le Sénat en une chambre consultative en le fusionnant avec le Conseil économique et social ; - reconnaître aux régions le statut de collectivités territoriales en élargissant leur champ de compétence dans le domaine des équipements collectifs, du logement et de l’urbanisme.
Très vite, l’objet de la réforme passe à l’arrière-plan. Pour nombre d’électeurs, c’est du maintien ou non de de Gaulle au pouvoir qu’il s’agit. Les sondages lui sont plutôt favorables. Mais le 27 avril 1969, le « Non » l’emporte avec 52,41% des suffrages, 4 électeurs sur 5 s’étant rendu aux urnes. Dans la nuit du 27 au 28 avril, le Général abandonne ses fonctions, à effet immédiat. Il se retire à Colombey les Deux Eglises. Il est remplacé par Alain Poher, président du Sénat. Resté une Référence incontestable, les décisions et l’ombre du « grand Charles » planent encore sur notre pays. La France ne lui doit pas que sa dissuasion nucléaire. Il a sauvé l’honneur de la France et fait revenir notre patrie dans la cour des Grands. Immense et fidèle merci à lui !
*Paul KLOBOUKOFF   Académie du Gaullisme  Le 26 octobre 2026

© 01.11.2026

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