Philippe Séguin, un grand Gaulliste social
par Paul KLOBOUKOFF,
Wikipédia nous rappelle des moments
importants de la vie et de la carrière de Philippe Séguin. Né à Tunis le 21
avril 1943, « sous les bombardements », il est mort à Paris le 7
janvier 2010. Il était alors Premier président de la Cour des comptes. Cette
juridiction financière de l’ordre administratif prestigieuse, avait été créée
par Napoléon en 1812 pour contrôler la régularité des comptes publics de
l’Etat, des Etablissements publics nationaux, des entreprises publiques, de la
Sécurité sociale, ainsi que des organismes privés bénéficiant de fonds publics.
Elle informe le Parlement, le
gouvernement et le public. Elle dispense de précieuses analyses et sert de
conseil en matière de politique économique. Elle publie aussi des synthèses
thématiques par grandes politiques publiques pout nourrir les débats.
Après Pierre Joxe et avant Didier Migaud, Philippe Séguin a
été Premier président de la Cour des comptes du 21 juillet 2004 au 7 janvier 2010,
portant l’institution à son plus haut niveau. Plus récemment, Pierre Moscovici
en a été le président du 30 juin 2020 au 31 décembre 2025. Depuis le 23 février
2026, Amélie de Montchalin a pris le relais.
Avant de présider la Cour des
comptes, Philippe Séguin avait eu une carrière politique bien remplie. Du 18
mars 1983 au 9 novembre 1997, soit pendant plus de 14 ans, il a été maire
d’Epinal.
Du 3 juillet 1981 au 1er
avril 1986, il a été vice-président de l’Assemblée nationale.
Du 20 mars 1986 au 10 mai 1988, il a
été ministre des Affaires sociales et de l’emploi.
Du 23 juin 1988 au 18 juin 2002, soit pendant 14 ans, il a
été député français.
De Philippe Séguin, il importe de se
souvenir qu’il a été le dernier Grand Gaulliste à défendre la souveraineté
française et à s’opposer à la signature du traité de Maastricht. Son discours
de 1992 sur l’Europe de Maastricht et la mondialisation a été prophétique. Et son
jugement, lucide : « Voilà trente-cinq ans que tout une oligarchie
d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants, prend, au nom des
peuples, sans en avoir reçu mandat, des décisions dont une formidable
conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les
conséquences ».
C’était un visionnaire. Malheureusement, les
gouvernants de la France ne l’ont pas écouté.
*Paul KLOBOUKOFF Académie du Gaullisme Le 28 septembre 2026
© 01.10.2026