11 novembre 2025 J.MYARD - Académie du gaullisme

Académie du Gaullisme
Président Jacques Myard
Secrétaire générale Christine ALFARGE
Président-fondateur Jacques DAUER
Aller au contenu
   Allocution
  11 novembre 2025
       
  

         
 

Par Jacques MYARD.
14-18 sonne comme un Tocsin qui nous   pétrifie.
Danton disait le 2 septembre 1792, « Le   Tocsin qui sonne n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les   ennemis de la Patrie. »
C’est l’union sacrée.
14-18, Tocsin terrible, assaille nos esprits,   blesse nos cœurs avec ses cohortes de blessés, d’estropiés, de gazés, de   gueules cassés, de morts tombés au champ d’honneur.
Un linceul de tristesse couvre la terre où   repose à jamais la jeunesse française et européenne, fauchée dans des combats   meurtriers dont on a peine à imaginer la violence, la cruauté, dont on ne   comprend plus le sens des sacrifices.
Une seule question vient à l’esprit :   pourquoi ?
On se souvient avec stupéfaction du terrible   engrenage des Alliances, une machine infernale !
28 juin 1914, assassinat du Prince héritier François   Ferdinand à Sarajevo, Guillaume II soutient immédiatement François-Joseph,   empereur d’Autriche, Roi de Hongrie, contre la Serbie.
C’est à Longchamps, aux courses que le   Président Poincaré reçoit une dépêche annonçant l’assassinat de l’Archiduc,   il la donne à l’ambassadeur autrichien qui blême, quitte la tribune   officielle.
5 juillet 1914, Berlin envoie à Vienne un télégramme de   soutien, un « chèque en blanc » diront les historiens pour en finir   avec la Serbie, dans un conflit local.
23 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie envoie à la Serbie un   ultimatum rédigé avec Berlin et exige que des policiers autrichiens puissent   enquêter en Serbie.
28 juillet, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la   Serbie.
1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie.
3 août 1914, l’Allemagne déclare la Guerre à la France.
4 août, le Royaume-Uni entre en Guerre contre   l’Allemagne à la suite de la violation de la neutralité de la Belgique par   l’Allemagne
« Dieu merci, c’est la Grande   Guerre » s’exclame le général autrichien, Victor DANKL.
Cette suite d’événements implacables   conduisit la jeunesse française et européenne dans un holocauste, un brasier   de souffrances, de sacrifices indicibles, une guerre de plus de 4 années.
Au-delà de ces dates, de cet enchainement, de ce mécano des alliances, qui   engendrent le conflit comme à la parade, surgit alors un mantra redoutable,  un logiciel qui structure le conflit.
En novembre 1913, le ministre belge,   diplomate en poste à Berlin, le baron Beynes, rapporte à notre ambassadeur   Jules Cambon les propos du Kaiser au Roi des Belges Albert 1er en visite   à Postdam.
« Une Guerre avec la France est   INEVITABLE et prochaine ».
Jules Cambon en avertit Poincaré...
Inévitable dit le Kaiser, il est vrai que depuis   l’odieux traité de Francfort du 10 mai 1871 qui annexe l’Alsace et une partie   de la Lorraine au Reich,   
les relations internationales de la prétendue   « Belle époque » sont marquées par de multiples concurrences entre   les puissances européennes – rivalités coloniales en Tunisie, en Egypte, au   Togo, au Cameroun, en Cyrénaïque ottomane.
En 1897, le ministre des Affaires   Étrangères allemand Von Bülow affirme :
« C’est la course pour se faire sa place   au soleil ou risquer de périr. »
Les tensions sont multiples, les puissances   se jaugent, se mesurent, se menacent. Lors de la Crise d’Agadir en 1911 entre   la France et l’Allemagne, Berlin envoie une canonnière Seine Majestät Schiff   Panther, la diplomatie prime cependant, les tensions retombent pour un temps.
Dès le début de la Guerre à Charleroi, les   troupes françaises subissent de très lourdes pertes. 27 000 soldats   sont tués le 22 août 1914, le jour le plus meurtrier de l’Histoire de   France. Du 20 au 25 août 1914, 40 000 soldats français sont fauchés par   l’artillerie allemande.
A Tamines, près de Namur, les Allemands   exécutent plus de 380 civils belges.
C’est un crime de guerre.
Cette hécatombe sous le feu des mitrailleuses   allemandes n’était-elle pas inévitable ?
Comment ne pas s’interroger sur   l’« instruction sur la conduite des Grandes unités » de l’Etat   major Français ?
« Article 6 l’offensive seule a des   résultats positifs. »
C’est le credo de l’Etat   major, le sacrifice de l’infanterie face aux mitrailleuses et à l’artillerie.
A Paris, le gouvernement apprend l’échec de   Charleroi, c’est la panique, il quitte la capitale pour Bordeaux.
Les Armés allemandes se dirigent au sud et   laissent Paris sur leur droite.
Joffre, impassible, décide avec John French   qui commande le corps expéditionnaire anglais d’attaquer les Allemands.
Le Général Gallieni mobilise les taxis, les   Allemands reculent.
Le 12 septembre 1914, c’est   l’échec du Plan Schlieffen, c’est la victoire de la Marne, la Victoire de   Joffre.
Le Général Allemand Von Kluck qui   commandait la 1ère armée allemande à la bataille de la Marne confia en   décembre 1918 à un journal français :
« On nous avait tout appris à l’école de   guerre, sauf une chose :
qu’une troupe en retraite, fourbue puisse se   relever, contre-attaquer et emporter la victoire. »
Les batailles s’enchaînent.
En Artois, décembre 1914, en mai 1915 et de septembre   à novembre 1815.
« Un bruit diabolique nous entoure. On a   l’impression inouïe d’une multiplication incessante de la fureur universelle.
Une tempête de battements rauques et sourds   de clameur furibondes, de cris perçants de bêtes s’acharne sur la terre toute   couverte de loques de fumée et où nous sommes enterrés jusqu’au cou, que le   vent des obus pousse et fait tanguer. »
Henri Barbusse, le feu.
Au Linge, en octobre 1915.
17 000 hommes sont engloutis dans le   brasier.
Était-ce INÉVITABLE ?
Le 2ème alinéa de l’article 6 des   directives du grand Etat Major Français, précise :
« Les succès à la guerre ont toujours   été remportés par des généraux qui ont voulu et cherché la bataille.
Ceux qui l’ont subie ont toujours été   Vaincus. »
Sainte offensive, priez pour nous soldats morts pour la   France.
La Somme, 1er juillet – 18 novembre 1916.
Plus d’un million de victimes dont   442 000 tués ou disparus.
« A quelques pas, un soldat était tombé,   le corps en boule sous sa capote ouverte, comme s’il avait cherché sa blessure   avant de mourir.
Un autre plus loin, semblait faire la sieste,   adossé à un tronc rogné, la tête courbée sur l’épaule.
Et ce pan d’étoffe bleue en état encore   un ? oui encore...
Vous étiez si jeunes, si confiants, si forts   mes camarades : OH NON vous n’auriez pas dû mourir...
Dans la boue des relèves, devant la mort
Je vous ai entendu rire,
Jamais pleurer. »
Roland Dorgelès, Les Croix de Bois.
Cet holocauste était-il INÉVITABLE ?
« Un commandement en chef Énergique   ayant confiance en ses troupes, ne laissera jamais à son adversaire la   priorité de l’action...
Il imprimera aux opérations dès là le début   de la guerre, un tel caractère de violence et d’acharnement que l’ennemi,   frappé dans son moral et paralysé dans son action, se verra réduit à rester   sur la défensive. »
Article 6, alinéa 3 de l’instruction du Grand   État-Major
Sainte offensive, priez pour nous, soldats morts pour la   France.
Le chemin des dames, 16 avril-24 octobre 1917
« Un obus s’abattait comme la foudre à   trois ou quatre mètres...
J’eus l’impression d’être aplati net et je   restai quelques secondes sans pouvoir soulever ma poitrine vidée d’air,   c’était le souffle de la mort que je venais de ressentir.
Il avait traversé tout mon être depuis mon   cerveau comprimé, mon cœur et mes poumons oppressés, jusqu’à mes jambes   amollies.
Louis BARTHAS, Tonnelier.
Au chemin des Dames en avril 1917, comme sur la Somme en   1916, les troupes de la Force noire subissent des pertes importantes, jusqu’à   40% de leur effectif, le Général Mangin acquiert la réputation de Boucher des   Noirs.
N’était-ce pas INÉVITABLE ?
« En présence d’un d’adversaire ayant   pris l’initiative des opérations, c’est par une contre-offensive énergique et   violente qu’il sera possible de donner à la lutte une tournure   favorable » précisent encore les instructions du Grand Etat-Major.      
Sainte offensive, priez pour nous, soldats morts pour la   France.
La Victoire est venue très chèrement acquise,   c’est un soulagement après tant de sacrifices.
La France « a saigné », le sang de   sa jeunesse
Comme l’avait voulu le Général Prussien Erich   Von Falkenhayn à Verdun.
« Hier Soll Frankreich Ausblüten. »   Ici la France doit saigner.
La Victoire est chèrement acquise.
« On dirait que tous nos efforts de   pensée, tous les accroissements inouïs de notre connaissance positive, n’ont   servi qu’à porter à une puissance écrasante et sauvage les moyens d’en finir   avec le genre humain. »
Paul Valery.
La Victoire est acquise, mais volée par   le Président Wilson, champion de l’utopie pacifiste.
Friedrich Ebert, Président de la toute nouvelle République   de Weimar, salue à Berlin les soldats allemands qui reviennent invaincus du   champ de bataille.
Tragique prophétie qui fait naître la   sinistre légende du « coup de poignard dans le dos » qui enfanta la   Seconde Guerre mondiale.
Chaque guerre appelle-t-elle une nouvelle   guerre ?
Le mantra de 14-18 INÉVITABLE nous taraude.
Est-il INÉVITABLE que la mémoire des poilus s’efface de   notre monde ?
Les tombes non entretenues des « morts   pour la France. » disparaissent sans autre forme de procès dans   l’indifférence des jours qui passent.
Roland Dorgelès le savait.
« On nous oubliera, le temps   inexorable fera son œuvre, les soldats mourront une seconde fois. »
Nous ne pouvons pas oublier cette tragédie,   ces sacrifices.
Oublier serait nier le sens même de notre   avenir fort de son Histoire
Ce serait oublier le sens de notre destin de   peuple libre
Ce serait oublier l’âme éternelle de la   Nation.
Inévitable est le mantra intangible qui traverse   les siècles et gouverne toujours notre village planétaire ?
Les Prédictions des experts médiatiques qui   se targuent d’être bien informés, qui scandent à satiété que la guerre est   inévitable dans un avenir proche sont-elles crédibles ?
Ou ne sont-elles que manipulations pour   gagner de l’audience ou pour préparer les esprits des peuples à accroitre   leurs efforts budgétaires ?
Soyons lucides.
Il ne s’agit pas d’ignorer les illusions   tragiques des dividendes de la Paix.
De croire naïvement dans le triomphe de la   démocratie universelle
dans la fin de l’Histoire
dans la paix perpétuelle de KANT.
Nous savons à l’aune de note Histoire multiséculaire,   chèrement payée, que la clé de notre indépendance, de notre liberté, de la   paix demeure
« Civis Pacem Para Bellum. »
C’est le logiciel du genre humain d’hier,   d’aujourd’hui, de demain.
Mais l’Histoire n’est pas inévitable, elle   est faite par les peuples.
Gardons-nous d’être aveugles et de subir les   événements à l’âge du nucléaire.
Face aux épreuves, le chef de caractère sait   recourir à lui-même pour ne pas se laisser manipuler, subjuguer par les   événements inévitables.
14-18 demeure une actualité brulante, une   leçon permanente pour garder raison
  
Sachons nous tenir debout
Sachons résister à l’inévitable.
Vive les Glorieux Poilus Morts pour la France
Nous leur devons à jamais notre liberté
Vive nos Alliés
Vive la République
Vive la France
       
       
       
       
*Jacques Myard Maire de Maisons-Laffitte  Membre honoraire du Parlement, Président du CNR et de l’Académie du gaullisme.

© 01.12.2025

Retourner au contenu