L'Union européenne est-elle devenue J.MYARD - Académie du gaullisme

Académie du Gaullisme
Président Jacques Myard
Secrétaire générale Christine ALFARGE
Président-fondateur Jacques DAUER
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     L'Union européenne est-elle devenue  
un   piège pour la France ?
       

par Jacques MYARD,     
La France est l’un des six États qui a porté le Traité de Rome sur les fonts baptismaux; beaucoup de Français ont alors placé leurs espoirs dans la « construction européenne »  pour ne plus revivre les guerres.
Revenu au pouvoir en 1958, le général de Gaulle lui-même a appliqué l’ouverture des frontières douanières malgré l’opposition patronale.
François Mitterand affirma : «  La France est notre patrie, l’Europe notre avenir. »
Cet enthousiasme fut brisé par le rejet du traité pour une Constitution européenne en mai 2005 par les Français et en juin aux Pays-Bas. Ce texte créait un super État fédéral.
Néanmoins le traité de Lisbonne reprit l’essentiel  des stipulations du traité rejeté sauf les attributs régaliens : le drapeau, la devise et l’hymne ; l’Union Européenne ( UE) n’est plus un ETAT mais demeure une organisation internationale, les États conservent la compétence de la  compétence.
Sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, adepte utopiste de l’Europe, et surtout sous l’impulsion technocratique de la Commission qui dispose d’une multitude de compétences nouvelles conférées par   le traité de Lisbonne, l’UE boulimique est devenue « obèse » , et   veut tout gérer ; les pays d’Europe ont désormais des souverainetés limitées, situation qui rappelle singulièrement la théorie  Brejnev de la défunte URSS.
L’histoire ressert parfois,  sans vergogne ses plats froids !
Ces derniers mois, une seule question vient à l’esprit :
L’UE n’est-elle pas devenue pour la défense des intérêts de la France un piège, en d’autres termes l’UE défend elle les intérêts de la France ou prend-elle  en compte les intérêts d’un autre   État ?

-Mercosur  : pour la première fois la Commission a ignoré l’opposition de la France et défendu les intérêts de l’Allemagne, puissance dominante de l’UE .
Assez de malentendus, soyons lucides ! Nos agriculteurs sont sacrifiés sur l’autel de l’industrie allemande, c’est   le réalité. Les jubilations de Ursula von der Leyen depuis le Paraguay nous   enlèvent toutes illusions.
«  Le malentendu est le mur porteur des relations humaines. »
Martin Page
-La Chine, championne  des panneaux solaires,  submerge  les pays européens de ses équipements à des coûts défiant la concurrence.
En 2013, la France avec d’autres États membres demande à L’UE d’imposer des taxes anti dumping sur les produits chinois visiblement subventionnés pour conquérir les marchés européens.
Refus catégorique de l’Allemagne qui ne veut surtout pas se fâcher  avec son client essentiel pour son industrie automobile et manufacturière.
Dix après,  la Chine détient le   quasi-monopole de la fabrication des panneaux solaires en Europe.
L’industrie allemande des panneaux solaires a disparu , anéantie par les Chinois ; c’est une faute sans appel de Berlin.
  
-Coopération en matière d’armement : la coopération  franco-allemande pour la conception et la fabrication d’armements a commencé par des succès certains : l’avion Transall ( 1967 ) , le missile Milan ( 1971 / 73 ).
Puis en dépit de l’accord des ministres  de la défense : Debré-Schmidt ( décembre 1971- février 1972 ), Berlin s’est opposé à la vente de blindés à l’Arabie Saoudite en 2012.
En octobre 2019, l’Allemagne accepte de ne pas s’opposer à l’exportation de matériels militaires fabriqués par la France si le pourcentage de fabrication allemande n’est pas supérieur à 20% .
Mais le problème subsiste pour les projets   intergouvernementaux – le char franco-allemand du futur(  MGCS) , et   l’avion de nouvelle génération ( NGWS) – qui sont de facto exclus de l’accord   d’octobre 2019.
Les tensions vont perdurer, et cela d’autant   plus que les industriels allemands ont fait pression sur Dassault pour   obtenir en vain les brevets français : rien que ça !
«  Il n’y a de péril absolu que pour qui   s’abandonne. » Antonin Arthaud
-Nucléaire / Taxonomie: sous la pression des   « Grûnen » - les écologistes d’outre Rhin - et dans l’ambiance internationale créée par le tsunami et la catastrophe de Tchernobyl, l’Allemagne de la chancelière Merkel renonça à l’énergie nucléaire , puis elle exerça  de vives pressions sur la France pour qu’elle ferme   la centrale de Fessenheim, ce qu’elle  a obtenu ; la doxa de Macron   est ne pas froisser Berlin, au nom du mythe du couple franco-allemand !
Pour les entreprises allemandes il est inconcevable que leur concurrentes françaises puissent bénéficier d’une électricité moins onéreuse qu’elles.
Le combat anti-nucléaire , donc anti français   fut mené avec le soutien de la Commission à Bruxelles.
Pour apparaître attrayant, il fallait   biaiser, manipuler l’opinion internationale en exigeant de développer les activités vertes respectueuses du développement durable
Tout se joua alors sur la négociation du   règlement européen « TAXONOMIE » qui liste   les activités qui peuvent être considérés comme des activités durables :   Ô surprise le nucléaire ne figurait pas dans les projets du règlement.
Il fallut une négociation ardue et déterminée   pour obtenir du Parlement européen, de la Commission et de l’Allemagne, le classement des activités nucléaires dans le règlement.
-Le couple franco-allemand : C’est le concept  coqueluche, mythique   des eurobéats et autres naïfs qui prônent une quasi fusion avec l’Allemagne   dans tous les domaines ; un ministre souhaite faire un projet , réflexe   immédiat : « que font les Allemands ?  allons le leur   demander ».
Au demeurant, les Allemands, médias compris,  ne parlent jamais de « couple franco-allemand » , et pour   cause, ils se gaussent de la naïveté française et jouissent de leur   suprématie !  
« Face aux grands périls des pièges, le salut n’est que la grandeur. » Charles de Gaulle.
De la GRANDEUR, il y faut du courage, de la détermination et surtout une vision, pas de naïveté.
"LES  ETATS N’ONT PAS   D’AMIS !" Charles de Gaulle
  
*Jacques Myard Maire de Maisons-Laffitte  Membre honoraire du Parlement, Président du CNR et de l’Académie du gaullisme.

© 01.02.2026

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