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Rapport
Attali: c'est "naturellement" au Parlement de "décider"
(Fillon)
PARIS, 21 jan 2008 (AFP) - François
Fillon a déclaré mardi aux députés UMP qu'il appartiendrait "naturellement" au
Parlement de "décider" de la traduction législative des propositions de la
commission Attali sur la libération de la croissance, a-t-on appris de sources
concordantes.
"N'ayez pas peur de prendre possession
des débats. Naturellement, c'est au Parlement de décider", a lancé, selon son
entourage, le Premier ministre lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée
nationale. Au cours de cette réunion, plusieurs députés se sont élevés contre
certaines des propositions de la commission Attali, à commencer par la
suppression des départements.
Un peu plus tard, M. Fillon a toutefois
souligné que, plus globalement, il fallait que "chacun accepte de remettre en
question ses certitudes". "Le Premier ministre a été très clair. A la question
+qui arbitre ?+, il a bien dit que ce serait le Parlement", a déclaré le
vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti. "Il a également confirmé qu'il n'y aurait pas de
suppression des conseils généraux durant le quinquennat", a-t-il
ajouté.
Si le
président du groupe UMP, Jean-François Copé, a salué "le caractère original,
innovant, audacieux et global" des 314 propositions Attali, il a souligné que
les députés UMP "souhaitent être partie prenante et clairement s'engager dans ce
débat avec leur force de proposition".
Dans la perspective de la loi sur la
modernisation de l'économie, programmée au printemps et qui pourrait être
l'occasion de traduire les propositions du rapport Attali, il a annoncé la mise
en place de "quatre groupes de travail" au sein du groupe UMP chargés d'étudier
ces propositions: "formation-emploi", "consommation-concurrence-entreprises",
"solidarité-famille-logement" et "gouvernance".
"Le Grenelle de l'environnement a été
l'exemple de ce que nous ne voulons pas. On n'a pas digéré d'en être les
oubliés. Il ne faut pas que cela se reproduise avec le rapport Attali. Nous ne
sommes pas dans l'optique du +tout ou rien+" mise en avant par Jacques Attali, a
ajouté M. Copé.
"Il ne faut pas, à travers des
commissions diverses, déposséder le Parlement. Nous sommes 100% derrière le
gouvernement mais 100% pour le débat d'idées", a-t-il
prévenu.
Encore plus critique, M. Leonetti a estimé qu'il serait "catastrophique que le
Parlement se voie imposer un paquet global dans lequel il n'y aurait pas de
droit d'inventaire" et souligné "quelques provocations très négatives", voire
des propositions "inacceptables" dans le rapport Attali, comme sur la
suppression des départements ou la déréglementation de certaines
professions.
"Le génie est même partagé par les
élus du peuple", a-t-il ironisé.
frd/ha/sh
AFP