Depuis l’effondrement du bloc
soviétique, les Etats-Unis ont le projet d’imposer à la planète le modèle
américain de démocratie, qui devrait leur permette de contrôler l’ensemble des
ressources mondiales en matières premières. Première puissance économique et
militaire du monde, ils n’acceptent aucune rivalité à cet égard et, s’affranchissant
des oppositions de l’ONU et des lois internationales, interviennent partout où
ces objectifs sont contrariés, sousprétexte delutte contre les
terroristes qui, depuis les montagnes d’Afghanistan, auraient organisé et
minuté les savantes attaques du 11 septembre 2001. Utilisant l’OTAN pour
lierles pays européens dans une
alliance occidentale solidaire de leurs vues, et qu’ils s’efforcent d’étendre
sans cesse aux marches de la Russie et de la Chine qui n’acceptent pas cette
hégémonie, ils subventionnent toutes les révoltes nationalistes ou religieuses
qui peuvent s’opposer à ces deux grandes nations pour les affaiblir. Les
diverses révolutions « orange » et tibétaines en sont l’illustration, relayée
par une presse à leur dévotion.
La guerre du Caucase déclenchée le 7 août par le
Président Géorgien est le résultat de cette stratégie. Les Etats-Unis, comme
par défi, veulent intégrer dans l’Otan ce petit pays traditionnellement dans la
sphère d’influence de Moscou, ainsi que l’Ukraine, comme ils ont intégré les
anciens pays européens membres du Pacte de Varsovie. Mais la puissance Russe,
en partie reconstituée, a décidé de mettre un terme aux empiètements répétés de
l’Amérique en utilisant les atouts dont elle dispose localement, les
populations d’Ossétie et d’Abkhazie qui lui sont favorables, et le précédent
illégal et odieux du Kosovo. Il s’agit d’un tournant des équilibres mondiaux
car tout indique que la Russie ne reculera plus et que les Etats-Unis et son
valet l’Union Européenne ne pourront pas empêcher que l’hégémonie américaine
soit bloquée, peut-être de façon irrémédiable. Il est en effet lamentablement
ridicule que l’UE déclare le gel du processus de partenariat renforcé avec la
Russie quand elle est la première à en pâtir, bien plus que la Russie qui
détient beaucoup de nos ressources énergétiques.
Une presse aux ordres de Washington ne fait que
décrire la Russie comme une menace pour nos intérêts et notre sécurité alors
que tout devraitinciter les Etats
européens à s’affranchir de la tutelle américaine et à se rapprocher de leur
puissant voisin de l’est, vers lequel tout devrait les amener à commercer et à
coopérer pour le règlement des problèmes du monde et la sécurité de leurs
approvisionnements. Surtout depuis que la nouvelle Russie affirme son identité
et ses intérêts, marquant par cette guerre du Caucase qu’elle n’acceptera plus
les atteintes à sa souveraineté. Le Droit international, bafoué par les
multiples interventions américaines dans le monde, reprendra peut-être sa place
dans les relations entre les Etats.