IL FAUT SAUVER LE CITOYEN SALAH HAMOURI

 

par Luc Beyer de Ryke

 

La majorité des Français connaissent le nom de Gilat Shalit, le caporal franco-israélien prisonnier du Hamas durant cinq ans. La majorité des Français ignorent le nom de Salah Hamouri, le jeune franco-palestinien emprisonné depuis six ans et huit mois par les israéliens. Les autorités françaises, le quai d’Orsay et l’Élysée ont réservé aux deux affaires un traitement tout a fait asymétriques.

 

Une attention légitime a été accordée à Gilat Shalit. Des efforts incessants ont été déployés pour sa libération.. Le Président de la République a reçu sa famille. Le portrait de Gilat Shalit à été largement exposé sue la façade de l’hôtel de ville de Paris. La détermination, la persévérance, la diplomatie ont abouti. Gilat Shalit– promu sergent – à enfin été libéré.

 

Et Salah Hamouri ?

Sa mère est française ; son père palestinien. Résidant à Jérusalem en vertu de la loi israélienne il ne dispose que d’une carte de résident. Il n’existe pas de nationalité palestinienne. Dés lors, aux yeux de la loi, sa seule nationalité est française.

 

Que lui reproche-t-on ?

D’être passé en voiture la nuit à Jérusalem devant la demeure du rabin Ovadia Sofer connu pour son extrémisme religieux et politique. Six mois plus tard Salah Hamouri est arrêté au barrage de Kalendia. Accusé d’avoir projeté un attentat contre le rabin d’autant que cette nuit -là il était accompagné d’un ami membre du FPLP (Front de Libération de la Palestine).

 

Le FPLP est tenu pour terroriste par les Israéliens lors même qu’il est membre de l’OLP et souscrit à sa politique qui à remis les actions violentes au placard il y a des années. Après trois ans de préventive Salah Hamouri se voit infligé (préventive incluse) sept ans de prison.

 

Salah Hamouri lui-même n’appartient pas au FPLP. Le projet que lui imputent – à tort ou à raison – les autorités israéliennes n’a jamais reçu fut-ce le début d’une exécution, voir même d’une concertation. Alain Juppé, très tardivement, a reconnu il y a peu que le dossier est vide.

 

Jusqu’à quand ?

Salah Hamouri devait être libéré le 28 novembre. Arbitrairement sa détention, ainsi celle des autres détenus, a été prolongée. Il était entendu qu’elle courait le temps de l’année administrative. La voici étendue à l’année civile. Le quai d’Orsay et Nicolas Sarkozy lui-même, le jour de la libération de Gilat Shalit, dans une interview à Radio J a demandé que Salah Hamouri soit libéré dans la seconde vague de libération prévue pour la mi décembre. Libérations faisant suite à celle de Shalit. Ce qui par parenthèse constituerait un allongement de trois semaines du délai initialement prévu. Voilà qu’après les frémissements autour du cas Hamouri, un vrai mouvement se dessine.

 

Le Front de gauche, en particulier les Communistes, se voient rejoint par le NPA, les Verts et les Socialistes jusqu’alors si frileux. À droite quelques députés UMP s’étaient déjà engagés à titre personnel moins oublieux que d’autres des leçons du gaullisme. Et voilà qu’à son tour le nouveau président du Sénat Jean-Pierre Bel s’est adressé personnellement au Président de la République pour que tout soit fait afin que soit clos un dossier qui n’aurait jamais du être ouvert. La France a pour devoir de se porter au secours de ses nationaux qu’ils s’appellent Shalit ou Hamouri. Et les Israéliens ? Avec Salah Hamouri ils avaient, il y a six ans et huit mois, un jeune homme en colère. Craignons pour eux qu’après ces années de prison pour un crime ni commis, ni conçu, ils trouvent face à eux et contre eux un possible leader politique.

 
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14.12.2011
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