Notre
société
ne parvient plus à ingérer et à digérer les changements rapides et nombreux
provoqués ou suscités par des facteurs d’origine externe et ceux qu’elle
engendre elle-même. Des repères et des guides importants, stabilisateurs et
durables dont il avait été fait usage pour organiser la société, la faire vivre
et évoluer, tant bien que mal, certes, mais sans explosion depuis 1968, sans
désintégration ni déroute, avec une prudente continuité et la recherche d’une
certaine cohérence, sont mis en coupe réglée, bousculés, piétinés. Depuis des
années déjà, le mouvement s’accélère. Place à des « réformes » hâtives et
circonstancielles, au coup par coup, à l’introduction de « nouveautés », de «
progrès » sociétaux prônés par l’UE et des « progressistes », quels que soient
les avis des populations concernées. Et conduites par des pouvoirs politiques
alternant gauchisme et droitisme, poussées socialo communistes et inflammations
de capitalisme financier et/ou tentatives
fébriles
de consensus boiteux, de cohabitations contre nature servant à masquer les
divergences existantes et à chloroformer le bon peuple. Le tout sous la houlette
de la dédaigneuse et hautaine Technocratie, avec les sentiments, les
assentiments, les ressentiments distingués d’experts et de contre experts
habitués à asséner d’aussi éclatantes vérités que leurs contraires. Résultats :
la pagaille, la prolifération d’incongruités, de volte-face, de décisions
néfastes, de dégâts collatéraux imprévus. Notre société se dessoude, se
déstructure, se morcelle, se délite, se communautarise. Les revendications, les
confrontations et la violence explosent, souvent sans raisons majeures. La
justice devient impuissante à régler les différends et les conflits. La
législation française, soumise à des influences divergentes, a démissionné. Elle
a renoncé à préserver son identité, sa personnalité… et les nôtres.
Elle
s’abandonne aux infiltrations, aux ablations, aux découpes, aux charcutages, aux
greffes, aux transplantations et autres adjonctions plus ou moins artificielles
qui la rendent méconnaissable. Elle « s’adapte » aux changements, à l’ouverture,
à la diversité, elle se modernise, se réjouissent les « réformateurs ». Les
populations sont déboussolées, les politiciens aussi. Quant à la morale, il est
presque aussi rétrograde d’y faire allusion que d’évoquer les racines et les
bases judéo chrétiennes de notre civilisation, nos références culturelles, nos
us et coutumes. Pour les gouvernants et leurs affidés, il faut faire table rase
du passé et faire émerger par morceaux un nouveau droit à vocation universelle
qui, lui, définira (il le fait déjà) le bien et le mal, la nouvelle morale à
imposer. Nous le voyons déjà à l’oeuvre en France. Pour de plus en plus de
personnes, jeunes ou non, le mal est ce qui est interdit par la loi et châtié
par la Justice. Sa gravité se mesure à la « sévérité » des sanctions prononcées
et exécutées. La hiérarchisation mouvante de cette sévérité vient à l’appui des
changements que l’on veut pousser. Non sans exagérations et aberrations. Ainsi,
la
parole,
le propos, l’écrit,
l’adresse et l’insulte sont de graves péchés (ou infractions) s’ils sont jugés
xénophobes, racistes, antisémites ou homophobes, passibles de sanctions
aggravées pouvant être plus lourdes que celles infligées pour des
actes de
banditisme (menaces, chantages, vols, incendies de voitures, agressions dans les
écoles, tabassages entre bandes, deal de drogue)… surtout s’il s’agit de
mineurs, de quartiers défavorisés, de surcroît. En revanche, ce qui n’est pas
interdit ou puni par la Justice peut être rangé du côté du bien, voire
encouragé. C’est le cas de la large promotion, sur Internet, en particulier, de
jeux de hasard et d’argent tels le poker, dont la finalité est de « plumer » ses
adversaires, en bluffant plus ou mieux qu’eux. Voilà des valeurs morales
d’avenir… puisqu’elles procurent des recettes fiscales à l’État et des montées
d’adrénaline aux joueurs.
DE GRA NDES CAUSES
Parmi les causes des cafouillages et de la déstructuration de nos systèmes
juridiques et sociétaux figurent :
1.
Les
changements intervenant au sein de notre société sous des influences diverses et
variables, qui
déstabilisent les jugements des individus et de leurs « représentants », et
poussent à faire évoluer les comportements et la législation, le droit, souvent
dans l’urgence :
-
un droit déjà très touffu et complexe, que les ajouts et les amendements
successifs rendent plus difficile à pratiquer et à adapter aux nouveaux
problèmes surgis, qui se présente fréquemment comme un obstacle aux projets
initiés par les gouvernants ;
-
notamment en raison des rôles prédominants que jouent la valeur de « liberté »,
mise à toutes les sauces, plus qu’au temps du « il est interdit d’interdire »,
et la distribution aux citoyens ainsi qu’aux étrangers mettant les pieds sur le
sol français de droits et de subsides en tous genres que l’État lui-même et les
collectivités locales sont incapables d’honorer. Deux exemples : le droit au
logement opposable, l’obligation de mettre à disposition et d’équiper des
terrains dans les communes de plus de cinq mille habitants pour recevoir les «
gens du voyage » ;
-
l’écrasement de l’homme, du citoyen, tout petit, marginalisé, vulnérable, entre
un appareil administratif et politique étatique, local et européen hypertrophié,
envahissant, et un appareil industriel et commercial déshumanisé, porté vers le
gigantisme par des dirigeants indifférents au destin de la France et au sort des
Français ;
-
ces déséquilibres croissants expliquent en partie le foisonnement de mouvements
associatifs multiformes (syndicats compris) qui viennent s’intercaler entre ces
appareils et les individus afin de revendiquer et d’agir en lieu et place de ces
derniers ainsi que de faire valoir et promouvoir leurs propres idées et
positions. Comme le font des politiciens censés représenter les citoyens qui les
ont choisis et qui « oublient » pourquoi ils ont été élus
;
-
les Autorités redoutent les manifestations pacifiques, provocatrices ou
violentes de ces organisations « bien pensantes », généralement soutenues par
les médias, qui pèsent de plus en plus sur leurs décisions et les obligent à des
contorsions de fakirs (souvent mal vues du public) pour essayer de contourner
les obstacles et aller de l’avant… ou en arrière, ou sur le côté. L’individu,
lui, perd la voix au chapitre et sa qualité d’acteur social. Finie, la
démocratie directe. Il faut des intermédiaires pour exister, pour se défendre,
pour survivre.
2.
Les
progrès scientifiques et technologiques impulsent,
évidemment, des changements profonds dans les vies économique, sociale,
culturelle et spirituelle. Ainsi, par exemple, les découvertes et la théorie de
l’évolution ont détourné les regards sur l’homme, semé des doutes à grande
échelle, puis fait reculer les croyances et les religions
:
-
les modes opératoires sont modifiés, modernisés, sophistiqués, informatisés, «
internetisés » dans tous les métiers et branches. Les gestes, les attitudes et
les préoccupations des travailleurs évoluent ainsi que les relations avec
l’entreprise et avec l’environnement, obligeant « le législateur » à « mettre à
jour » les règles du jeu de société ;
-
ici aussi, les « progrès » industriels, énergétiques, informatiques,
biologiques, médicaux, chirurgicaux… sont « trop » rapides pour la société et
pour le droit qui ne parvient pas à anticiper pour préparer leur mise en oeuvre
sereine et harmonieuse. Ils courent après les événements, non sans que cela
provoque des interrogations sans réponses, des désaccords et des confrontations.
Il est vrai qu’en matière de découvertes et de « vérité scientifique », il n’est
pas toujours donné d’acquérir des certitudes durables. L’histoire en témoigne.
Le quotidien aussi ;
-
nous sommes habitués aux invasions de champs de maïs transgénique (ou accusé de
l’être) par des coupeurs ou des arracheurs déterminés, convaincus de leur «
juste droit », aux interventions musclées des forces de l’ordre et aux procès
qui suivent. Tandis que la Justice hésite à prendre des positions tranchées, les
opinions des scientifiques sur les cultures OGM sont très partagées et
fluctuantes en France. Ne parlons pas du clonage, animal jusque là
;
-
le réchauffement de la planète, évidence pour les uns, n’est pas reconnu
d’autres, et non des moindres ;
-
des changements sociétaux difficiles à « organiser », notamment en matière
d’éducation, de formation et de communication, sont aussi engendrés par les
évolutions scientifiques et technologiques. Nous y
reviendrons.
DES
FACTEURS AGGRA VANTS
1.
L’instabilité
démographique et l’immigration, la mondialisation désordonnée et la
libéralisation à outrance sont à placer au premier rang.
La
mondialisation et la libéralisation ouvrent grand nos portes à tous venants dans
le grand jeu de la prolifération des échanges arbitré par l’OMC et l’UE et
poussent à imiter ce qui se fait ailleurs sans se soucier outre mesure des
différences de contextes et de cultures.
2.
Une
UE qui ne sait toujours pas où elle va, avec
qui et comment, dans la quelle NS nous a replongés jusqu’au
cou.
3.
La
soumission à l’Union européenne, à ses règles, à ses diktats, prive la France de
libertés de
s’adapter aux crises et aux changements en suivant ses penchants, ses
orientations, et selon ses propres critères. Une UE ultra libérale
(actuellement) et mondialiste, qui se complait à imposer avec aveuglement
l’ouverture à la concurrence dans les pays membres, à l’intérieur du « Grand
marché » et avec le reste du monde. Poussant au nivellement vers le bas et aux
délocalisations de toutes sortes par la volonté (affirmée) de réduire les prix
et les coûts … de la main d’oeuvre, essentiellement, pour rendre les sociétés
plus compétitives, augmenter leurs bénéfices et leur
puissance.
4.
L’UE,
c’est aussi Schengen et ses accords très élargis.
Avec, pour conséquences, l’aggravation de l’instabilité démographique et
sociale, de la communautarisation, des crises et des violences que nous
connaissons.
5.
Comment
les Français peuvent-ils, enfin, s’y retrouver si
lorsqu’un dirigeant politique, un parti ou l’un de ses représentants dit « c’est
blanc », aussitôt se dressent des opposants de toutes parts criant « faux,
mensonge, tromperie, c’est noir ». En réalité, c’est pire : bleu, rose, rouge,
vert, tricolore, etc. Chacun a « sa » vérité qu’il veut imposer. Pour le citoyen
lambda, il n’y a plus de vérité. Il pense que la plupart des politiciens de tous
bords et les médias sont des menteurs et des moulins à paroles, des girouettes,
des moulins à vent.
DESTA
BILISA NTE IMMIGRATI ON
Une
immigration forte et rapide, non maîtrisée, contrairement à ce que les
politiciens promettent chaque jour, pousse ces derniers, épaulés par les médias,
à modifier sous la pression démographique et la crainte de votes défavorables,
notre droit, son interprétation, son application ; ce n’est plus aux nombreux
immigrés (devenus français, restant étrangers ou jouissant de plusieurs
nationalités) d’adapter leurs comportements aux us et coutumes en pratique en
France. C’est au législateur et à son exécutif de faire changer les attitudes
des citoyens et de retailler le droit français conformément aux « exigences
légitimes » d’une nouvelle société « diverse », multinationale, multiraciale
(mot toujours au dictionnaire) et communautarisée. Avec d’autres modifications
hasardeuses de notre législation, insufflées par l’Union européenne, en
particulier, c’est désormais la confusion, comme l’illustrent les « affaires » à
répétition des voiles islamiques et de la burqa, d’un côté, qui ont eu un
certain retentissement, et celle, invraisemblable, de la polygamie légale. Nous
avons tellement perdu le contrôle de notre droit, très tordu et permissif sur
certains points, que des éminents juristes publics et des féministes exacerbés
ont choisi de ne pas aborder de face les problèmes posés par les intrusions du
voile et de la burqa dans le quotidien des français et ont choisi de mettre en
avant l’atteinte à l’intégrité et aux droits de la femme. Dans le cas du «
polygame » à une épouse (mariage civil et mariage religieux), quatre «
maîtresses » (mariages religieux, seulement !) et vingt et un enfants d’elles,
nous sommes dans le tragique (pour le droit français actuel), le Ministère
public renonçant à poursuivre pour polygamie, semble-t-il, et allant rechercher
d’éventuelles fraudes fiscales et sociales. Nous sommes aussi dans le comique,
dans une farce où l’on voit Guignol rosser les gendarmes et mystifier la
justice. Un authentique polygame (selon notre code civil), qui a épousé
civilement deux femmes en France, a été détecté en juillet, grâce à la plainte
déposée par sa première épouse. Un cas sans doute plus rare que le précédent. À
noter que l’arme fatale de la laïcité à la française a montré ses deux
tranchants. Invoquée pour faire barrage à toutes formes de prosélytisme
religieux dans l’espace public, elle l’a été, en sens contraire, par ceux qui
estiment que la laïcité est avant tout la liberté de pratiquer sa religion de la
façon que l’on désire. Ce dernier avis semble ostensiblement partagé par les
croyants qui prient dans la rue à la Goutte-d’Or.
À
propos des actes ayant suivi le décès d’un jeune gitan, mortellement blessé par
un gendarme dans le Loir-et- Cher, Le
Monde a
écrit sobrement : «
La violence de la réaction à la mort de Luigi, dimanche 18 juillet dans le
village de Saint-Aignan-sur-Cher, proche des lieux du drame, a surpris : une
place a été assaillie par une quarantaine de gens du voyage – certains cagoulés.
Munis de haches et de barres de fer… ». Ils
s’en sont pris à la gendarmerie et aux feux de circulation, ils ont pillé une
boulangerie et abattu des arbres. Du 18 au 19, d’autres communes ont été
touchées, des voitures ont été brûlées, un commerce a été attaqué à la
voiturebélier et deux salles de mairie ont été incendiées. C’est une triste
expression de communautarisme qui place la violence collective, la vengeance,
les représailles et les destructions bien au dessus du respect de la loi
(républicaine, diraient les politiciens), à l’image de ce qui se passe dans les
banlieues chaudes de grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille, Grenoble et,
hélas, de plus en plus d’autres. Le vendredi 30 juillet, Nicolas Sarkozy,
déplorant le laxisme à l’égard de l’immigration au cours des dernières
décennies, s’est élevé contre les auteurs d’agressions et de violences. Il les a
menacés de sanctions aggravées, en particulier s’ils attaquent des gendarmes,
des policiers et des agents des services publics. Il a parlé de déchéance de la
nationalité française et de peines de prison d’une durée incompressible de 30
ans pour les étrangers (Roms de Roumanie et de Bulgarie, notamment) et pour les
Français d’origine étrangère jugés coupables.
Le
soir même, d’éminents juristes constitutionnels ont été invités par les grandes
chaînes de télé pour expliquer au public que notre Président avait tout faux.
Premièrement, selon notre Constitution, il n’y a pas de Français d’origine
étrangère et d’autres catégories de Français. Il n’y a que des Français, égaux
devant la loi. Deuxièmement, instaurer des peines plus lourdes pour des
catégories particulières de personnes c’est s’abandonner à la discrimination, et
encourir les foudres de la HALDE. Du petit lait pour l’opposition et les
organisations bien pensantes. Le gouvernement persiste et soumettra un projet de
texte après le ramadan, en septembre, qui traitera aussi de la polygamie, des
excisions et du prosélytisme religieux. 80 % des Français approuveraient, selon
un sondage. N’est-il pas temps, dans des domaines dits sensibles illustrés par
ces graves événements, ces errements, de définir démocratiquement ce que les
Français veulent et ce qu’ils refusent. Et d’adapter, d’actualiser notre
Constitution, notre droit et les usages en conséquence. Cela a été fait pour
favoriser la soumission de la France à l’Union européenne. Alors, pourquoi ne
pas mettre fin à l’hypocrisie et à la paralysie politique qui sévissent sur ces
questions sociétales et juridiques, mieux respecter la volonté des citoyens et
assurer leur sécurité. Les habitudes alimentaires en France changent aussi avec
l’immigration. Après la percée populaire du couscous, la merguez a détrôné la
saucisse dans de nombreux barbecues collectifs. Anecdotique
?
Aujourd’hui,
c’est le « halal » qui est à l’honneur. Des investisseurs sagaces estiment que
son marché potentiel en France est de cinq millions de bouches. Aussi, les
rayons halal investissent les grandes comme les petites surfaces commerciales.
Le marché, plus important que celui du « bio », s’agrandirait de + 15 % par an.
Et le nombre des consommateurs ?
Wikipédia nous
donne ces précisions :
« …par exemple manger du poisson est halal, alors que manger du porc est « harâm
» [péché, interdit]. Pour que la viande soit halal, il faut que l’animal ne soit
pas préalablement étourdi et ait la tête tournée vers La Mecque pour qu’il se
vide de son sang. Un musulman doit lui couper la carotide et les jugulaires,
tout en prononçant des paroles sacrées. » Ces
pratiques ont déjà donné lieu à des contestations. Un certain émoi a été soulevé
par le projet (et son expérimentation à Roubaix) du restaurateur
Quick de
consacrer une quinzaine de ses établissements complètement, ou exclusivement, au
halal. Après des réactions hostiles et des accusations de discrimination,
Quick
se
serait engagé à chercher une « solution technique » pour une offre halal et non
halal dans un même restaurant. En attendant, son expérimentation halal à 100 %
continue. Jusqu’à l’halali ?