pénible et pitoyable

AN GLICISME SYNTAXIQUE

 

par Jean-Pierre Busnel

 

Samedi dernier, en présence de deux mille invités dont M. Jacques Chirac, ancien président de la République, était inaugurée, à Dinard, l’exposition d’une petite partie de l’immense collection privée d’oeuvres d’art contemporain de M. François Pinault, homme d’affaires breton, l’une des plus grandes fortunes de France. Pour cette charmante station balnéaire très réputée de la côte d’Emeraude, à quelque soixante-cinq kilomètres au nord de Rennes, célèbre, notamment, pour son magnifique patrimoine préservé d’environ quatre cents villas classées, c’est, selon la presse locale, «l’événement mondain de l’année». La photographie ci-jointe a été prise le 13 juin dernier, jour de l’inauguration, donc, au Palais des Arts de Dinard, de cette exposition intitulée «Qui a peur des artistes ?», visible jusqu’au 13 septembre prochain. On remarquera qu’elle se tient sous l’égide de la «François Pinault Foundation» !

 

Cette concession au mimétisme anglomaniaque paraît ici particulièrement surprenante. La langue française serait-elle devenue impropre à exprimer l’art moderne ? Cette dénomination est du reste si insolite que les journalistes et commentateurs divers usent généralement, curieusement, d’un anglicisme syntaxique pour désigner cette fondation. Ils ne parlent de la Fondation François Pinault mais de la François Pinault Fondation. C’est même le cas du site internet officiel de la ville de Dinard qui, sur sa page d’accueil, évoque cette «sélection d’oeuvres de la François Pinault Fondation» ( http://www.ville-dinard.fr/ index2.html ).

 

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18.06.2009

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