Nicolas Sarkozy plaide pour les énergies
renouvelables
Penser que la France pouvait ne
pas développer les énergies renouvelables parce qu'elle était leader mondial
dans l'énergie nucléaire était une "erreur", a déclaré mardi Nicolas Sarkozy,
qui s'est de nouveau présenté en champion du développement durable.
Cet aveu intervient deux jours
après les élections européennes, marquées en France par une percée vigoureuse
des écologistes d'Europe Ecologie (16,3% des suffrages).
C'est la première fois que le
président français, qui n'a eu de cesse de militer depuis deux ans, en France et
à l'étranger, pour l'exportation du savoir-faire français dans l'atome civil, va
aussi loin dans la main tendue aux antinucléaires.
Le chef de l'Etat s'exprimait
lors d'une table ronde organisée sur le campus scientifique de l'Université de
Savoie sur le thème du développement des énergies renouvelables, en présence
d'un millier de représentants des secteurs concernés.
La date de ce déplacement, qui
coïncide avec le début, mercredi, de l'examen en deuxième lecture par les
députés du projet de loi sur l'application des mesures du "Grenelle de
l'environnement", avait été fixée avant les européennes.
Le calendrier a cependant bien
fait les choses.
Nicolas Sarkozy a certes imputé
collectivement aux gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé ces
cinq dernières décennies en France le retard français dans le domaine des
énergies renouvelables.
"Nous avons tous commis une
erreur collective", a-t-il dit. "La France, en tête de tous les pays sur
l'énergie nucléaire, pensait ne pas avoir besoin des énergies renouvelables."
Pas question de revenir sur le
choix fait dans les années 1960 de doter la France d'une puissante industrie
nucléaire, a dit Nicolas Sarkozy. Mais il a promis de prendre pour les énergies
renouvelables des décisions "aussi importantes" que celles prises à l'époque par
le général de Gaulle pour l'atome.
LE TEMPS DE
RÉFLÉCHIR
"Nous allons devenir leader dans
les énergies renouvelables au même titre que nous sommes leader dans les
énergies nucléaires", a-t-il dit en précisant que la France dépenserait autant
pour la recherche sur les technologies propres et sur la prévention des
atteintes à l'environnement.
La France s'est d'ores et déjà
engagée à porter à 23% la part des énergies renouvelables dans sa consommation
énergétique en 2020, contre environ 10% aujourd'hui.
"C'est de mon point de vue un
minimum", a souligné Nicolas Sarkozy pour qui c'est là une "bataille
historique."
Il a laissé entendre qu'il
n'avait pas attendu la percée électorale des Verts pour prendre le virage du
développement durable : "J'ai fait campagne sur ce thème", a-t-il dit. "Nous
avons inventé le Grenelle de l'environnement (...) Nous l'avons fait avant la
crise (économique) mais la crise ne fait que renforcer ce que nous avons décidé
dès 2007."
Il a assuré que toutes les
mesures décidées dans le cadre du Grenelle de l'environnement seraient votées
d'ici fin 2009.
A six mois du sommet de
Copenhague, qui doit conclure les négociations sur les suites à donner au
protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique, il a
confirmé que la France serait en pointe dans ce débat international.
"Il va y avoir deux théories qui
vont s'opposer (...) entre ceux qui penseront que la
crise est une parenthèse (...) et ceux, et la France prendra la tête de ceux-là,
qui pensent qu'il y a des leçons à tirer de cette crise", a-t-il dit.
Il a dit au passage ne pas
comprendre le début de polémique suscitée par la diffusion sur France 2 du film
"Home" de Yann Arthus-Bertrand sur les effets du
réchauffement climatique, deux jours avant les élections européennes.
Le MoDem, de François Bayrou, et le Front national, de
Jean-Marie Le Pen, deux des grands perdants de ce
scrutin, ont estimé que la diffusion de ce film le 5 juin sur une chaîne
publique avait favorisé le vote écologiste à leurs dépens.
Nicolas Sarkozy a pour sa part
estimé que le service public de la télévision s'était "grandi" en diffusant ce
film.