JOURNÉE
INTERNATIONALE DU GÉNOCIDE ARMÉNIEN
par
Francis Dessart
Le
24 avril
était la journée internationale du génocide arménien et force est de constater
que, dans notre pays, ni les politiciens ni la grande presse ne se sont bousculés pour cette commémoration. Est-il donc
inutile de rappeler que le 24 avril 1915 commença, à Istanbul puis dans le reste
de l’Empire ottoman, une opération sciemment et
méticuleusement décidée et préparée, destinée à éradiquer toute présence
arménienne de l’Asie mineure aux confins du Caucase. D’abord les élites
(intellectuels, écrivains, journalistes, artistes, prêtres, etc.), ensuite les hommes en âge de combattre et enfin
l’ensemble de la population civile arménienne massacrée ou abandonnée mourante
dans le désert. Les experts oscillent entre un million et demi et deux millions
de victimes.
Les plus
grands noms dans le monde entier se mobilisèrent en faveur de cette nation
martyre. En Turquie même, nombreux furent les officiers allemands ou autrichiens
à s’horrifier et à protéger les Arméniens contre l’armée ottomane pourtant leur
alliée. Les musulmans turcs de l’ordre derviche sauvèrent des milliers d’Arméniens. Le monde eut la nausée et même l’Empire ottoman condamna à mort les responsables directs de
ce génocide. Ce qui rend inepte leur négationnisme actuel
!
Toutes les
caractéristiques du génocide s’appliquent à cette gigantesque manoeuvre
criminelle mais faut-il croire que l’ainsi dénommée « communauté internationale
» a la mémoire sélective… L’Histoire est marquée
d’anniversaires tragiques de la nation arménienne. Ainsi le 25 avril 1909 eut
lieu le massacre d’Adana où trente mille Arméniens civils furent assassinés par
la soldatesque ottomane. Et aujourd’hui ce sont les Arméniens de l’Artzakh (République du Nagorno-Karabagh) qui sont en lutte permanente contre les
Azéris. Azéris dont certains dirigeants affirment que « les Arméniens ne sont
pas une nation mais une nuisance » (sic) mais aussi les Arméniens de Djavakhétie abandonnés à leur sort par la si démocratique et
pro-atlantique Géorgie. Le lobby néo-ottoman essaie
actuellement de brouiller les cartes pour enfoncer ou saper la porte de l’Union européenne où la Turquie a autant de place que la
Finlande dans l’Union africaine.
Fidèle à
sa foi et à ses traditions, l’Arménie est la citadelle et la sentinelle de
l’Europe. Puisse-t-on ne pas l’oublier !