COMPTE-RENDU DU DÎNER-DEBAT DU 22 AVRIL 2009

 

 

COMPTE-RENDU DU DÎNER-DEBAT DU 22 AVRIL 2009

 

En présence de Nicolas DUPONT-AIGNAN

Président de Debout la République.

Thème : Souverainisme, lequel ?

Par Christine ALFARGE

 

 

 

C’est toujours avec plaisir que nous recevons Nicolas DUPONT–AIGNAN qui se caractérise lui-même comme un gaulliste social et ne veut pas s’appesantir dans des postures polémiques, il préfère insister sur la complexité des choses en faisant preuve de réalisme sur notre société telle qu’elle lui apparaît aujourd’hui.

 

La défense des valeurs républicaines.

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN veut défendre « une certaine idée de la France », ce n’est pas la France seule, mais celle des valeurs républicaines, de justice sociale, d’indépendance de la Nation, un triptyque qui est sa propre lecture du gaullisme. Ce n’est pas par esprit de nostalgie mais selon lui : « le gaullisme est une sorte de boussole qui doit nous aider à interpréter les évènements et à essayer d’indiquer un chemin pour nos concitoyens ».

 

Vers quelle stratégie d’avenir peut-on se tourner ? 

 

L’essentiel est qu’est-ce que l’on veut dire au pays, quelles sont les meilleures solutions à lui proposer. Est-on encore capable de faire vivre notre démocratie, d’indiquer un cap, d’avoir un horizon à vingt ou trente ans. Même si les choses ne sont pas simples, Nicolas DUPONT-AIGNAN se veut résolument optimiste, car il pense que les solutions ne manquent pas, sa stratégie intellectuelle est avant tout basée sur la pédagogie, comment toucher les médias pour faire connaître ses idées au plus grand nombre afin de rassembler sans compromis sur le fond tout en essayant d’être adapté à notre époque. Au regard de cette analyse, il en profite pour exprimer sa vision sur le terme « souverainisme » et nous explique : « pourquoi je n’aime pas ce mot, non pas parce qu’il n’est pas vrai, c’est parce que dans un dernier sondage clair, il n’y a qu’un pour cent des français qui adhère à ce mot, vingt deux pour cent qui adhèrent au mot gaulliste, vingt cinq pour cent au mot socialiste et dix pour cent qui adhèrent au mot libéral, alors c’est déjà difficile pour nous de faire passer nos idées, si en plus on prend un mot qui n’est pas compris par quatre vingt dix neuf pour cent des français qui l’assimilent à royaliste, je crois que l’on aura du mal, voilà  pourquoi j’évacue ce mot, même si bien évidemment il n’y a pas d’action politique possible, ni de cohésion sociale et nationale sans que la démocratie s’exerce ». Selon la célèbre phrase du Général de GAULLE : « Il n’y a pas d’action politique sans respect du peuple et souveraineté de la France, les deux allant ensemble». Pour Nicolas DUPONT-AIGNAN la démocratie se confond exactement avec la souveraineté populaire, c’est le fondement de tout régime démocratique. Il n’y a rien de possible sans la légitimité, il n’y a pas d’action politique sans légitimité d’autant plus dans les périodes troublées. Or la légitimité, c’est-à-dire l’autorité non imposée contraire de la dictature, ne peut venir que s’il y a adhésion du peuple et pour cela il faut qu’il y ait la consultation du peuple, le respect de la démocratie nationale. La France ne pourra pas être gouvernée, ni réformée sans l’adhésion du peuple, sans ce sentiment d’appartenance. La question essentielle repose sur la légitimité populaire, la démocratie, la souveraineté populaire, ce qui nous renvoie au référendum du 29 mai 2005 où les français ont décidé de prendre leur destin en main en refusant le Traité sur la Constitution européenne animés par le désir de construire une autre Europe, avec une croissance plus forte, des coopérations entre Etats membres et le respect des droits des citoyens qui la composent.

 

Quels sont les axes qui nous sont proposés ?

 

La question démocratique européenne est au cœur du projet de Nicolas DUPONT-AIGNAN, il ne conçoit pas l’effacement des nations européennes. Malgré une construction hybride de vingt sept Etats membres où l’existence même d’un conseil européen n’empêche pas la fuite en avant des institutions et les difficultés à se mettre d’accord entre pays, nous devons penser à notre propre cohésion, jouer sur l’élargissement et exercer plus de contrôles pour éviter toute fuite en avant. Il prône des objectifs et des projets concrets pouvant entraîner l’adhésion des peuples car l’Europe ne peut être fondée que sur le respect des peuples. Sur l’Europe, sur la démocratie, il propose de réformer les institutions de manière profonde telle que la suppression de la Commission, le rétablissement des droits nationaux, la création d’une Europe à la carte avec des agences style agence spatiale européenne thème par thème qui permettrait de créer l’Europe des coopérations telle que l’envisageait le Général de GAULLE.

Une Europe qui marche, on l’a vu avec Airbus et Ariane que l’on pourrait imiter dans des tas de domaines notamment sur les énergies renouvelables. On peut défendre la souveraineté de la France tout en imaginant une organisation européenne qui fonctionne, qui soit respectueuse des peuples, qui protège les européens.

Le second point qui paraît évident et impératif, c’est une autre politique économique, selon Nicolas DUPONT-AIGNAN : «  tant qu’il n’y aura pas une défense et une attaque au niveau européen, on laissera passer tous les buts, une défense et un protectionnisme européen minimum, c’est une évidence élémentaire, une attaque, ce sont des investissements massifs dans ces coopérations à la carte à deux, trois ou quatre pays mais surtout pas en passant par cette bureaucratie bruxelloise qu’il faut bien évidemment supprimer, c’est pour cela que je propose de supprimer la Commission. Il faut enfin changer le fonctionnement de l’euro, rétablir une politique agricole commune. Dans tous les domaines économiques, s’il n’y a pas un changement radical d’orientation au niveau européen, les violences se multiplieront sur le territoire ».  

 

Mais les évolutions en cours nous obligent à faire un diagnostic sur nos forces et nos faiblesses. Cette démarche doit aussi être un moyen pour changer nos habitudes afin de nous améliorer et montrer notre savoir faire.

 

La France représente encore une puissance sur la scène internationale, elle ne manque pas d’atouts et sait montrer sa capacité d’adaptation et d’innovation. La place que la France occupera en Europe et dans le monde en dépend.

 

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26.05.2009

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