C’est
toujours avec plaisir quenous recevons Nicolas DUPONT–AIGNAN qui se
caractérise lui-même comme un gaulliste social et ne veut pas s’appesantir dans
des postures polémiques, il préfère insister sur la complexité des choses en
faisant preuve de réalisme sur notre société telle qu’elle lui apparaît
aujourd’hui.
La défense
des valeurs républicaines.
Nicolas
DUPONT-AIGNAN veut défendre « une certaine idée de la France », ce
n’est pas la France seule, mais celle des valeurs républicaines, de justice
sociale, d’indépendance de la Nation, un triptyque qui est sa propre lecture du
gaullisme. Ce n’est pas par esprit de nostalgie mais selon lui :
« le gaullisme est une sorte de boussole qui doit nous aider à
interpréter les évènements et à essayer d’indiquer un chemin pour nos
concitoyens ».
Vers
quelle stratégie d’avenir peut-on se tourner ?
L’essentiel
est qu’est-ce que l’on veut dire au pays, quelles sont les meilleures solutions
à lui proposer. Est-on encore capable de faire vivre notre démocratie,
d’indiquer un cap, d’avoir un horizon à vingt ou trente ans. Même si les choses
ne sont pas simples, Nicolas DUPONT-AIGNAN se veut résolument optimiste, car il
pense que les solutions ne manquent pas, sa stratégie intellectuelle est avant
tout basée sur la pédagogie, comment toucher les médias pour faire connaître ses
idées au plus grand nombre afin de rassembler sans compromis sur le fond tout en
essayant d’être adapté à notre époque. Au regard de cette analyse, il en profite
pour exprimer sa vision sur le terme « souverainisme » et nous
explique : « pourquoi je n’aime pas ce mot, non pas parce
qu’il n’est pas vrai, c’est parce que dans un dernier sondage clair, il n’y a
qu’un pour cent des français qui adhère à ce mot, vingt deux pour cent qui
adhèrent au mot gaulliste, vingt cinq pour cent au mot socialiste et dix pour
cent qui adhèrent au mot libéral, alors c’est déjà difficile pour nous de faire
passer nos idées, si en plus on prend un mot qui n’est pas compris par quatre
vingt dix neuf pour cent des français qui l’assimilent à royaliste, je crois que
l’on aura du mal, voilàpourquoi
j’évacue ce mot, même si bien évidemment il n’y a pas d’action politique
possible, ni de cohésion sociale et nationale sans que la démocratie
s’exerce ». Selon la célèbre phrase du Général de GAULLE :
« Il n’y a pas d’action politique sans respect du peuple et souveraineté
de la France, les deux allant ensemble». Pour Nicolas DUPONT-AIGNAN la
démocratie se confond exactement avec la souveraineté populaire, c’est le
fondement de tout régime démocratique. Il n’y a rien de possible sans la
légitimité, il n’y a pas d’action politique sans légitimité d’autant plus dans
les périodes troublées. Or la légitimité, c’est-à-dire l’autorité non imposée
contraire de la dictature, ne peut venir que s’il y a adhésion du peuple et pour
cela il faut qu’il y ait la consultation du peuple, le respect de la démocratie
nationale. La France ne pourra pas être gouvernée, ni réformée sans l’adhésion
du peuple, sans ce sentiment d’appartenance. La question essentielle repose sur
la légitimité populaire, la démocratie, la souveraineté populaire, ce qui nous
renvoie au référendum du 29 mai 2005 où les français ont décidé de prendre leur
destin en main en refusant le Traité sur la Constitution européenne animés par
le désir de construire une autre Europe, avec une croissance plus forte, des
coopérations entre Etats membres et le respect des droits des citoyens qui la
composent.
Quels sont
les axes qui nous sont proposés ?
La
question démocratique européenne est au cœur du projet de Nicolas DUPONT-AIGNAN,
il ne conçoit pas l’effacement des nations européennes. Malgré une construction
hybride de vingt sept Etats membres où l’existence même d’un conseil européen
n’empêche pas la fuite en avant des institutions et les difficultés à se mettre
d’accord entre pays, nous devons penser à notre propre cohésion, jouer sur
l’élargissement et exercer plus de contrôles pour éviter toute fuite en avant.
Il prône des objectifs et des projets concrets pouvant entraîner l’adhésion des
peuples car l’Europe ne peut être fondée que sur le respect des peuples. Sur
l’Europe, sur la démocratie, il propose de réformer les institutions de manière
profonde telle que la suppression de la Commission, le rétablissement des droits
nationaux, la création d’une Europe à la carte avec des agences style agence
spatiale européenne thème par thème qui permettrait de créer l’Europe des
coopérations telle que l’envisageait le Général de GAULLE.
Une Europe
qui marche, on l’a vu avec Airbus et Ariane que l’on pourrait imiter dans des
tas de domaines notamment sur les énergies renouvelables. On peut défendre la
souveraineté de la France tout en imaginant une organisation européenne qui
fonctionne, qui soit respectueuse des peuples, qui protège les européens.
Le second
point qui paraît évident et impératif, c’est une autre politique économique,
selon Nicolas DUPONT-AIGNAN : « tant qu’il n’y aura pas une
défense et une attaque au niveau européen, on laissera passer tous les buts, une
défense et un protectionnisme européen minimum, c’est une évidence élémentaire,
une attaque, ce sont des investissements massifs dans ces coopérations à la
carte à deux, trois ou quatre pays mais surtout pas en passant par cette
bureaucratie bruxelloise qu’il faut bien évidemment supprimer, c’est pour cela
que je propose de supprimer la Commission. Ilfaut enfin changer le
fonctionnement de l’euro, rétablir une politique agricole commune. Dans tous les
domaines économiques, s’il n’y a pas un changement radical d’orientation au
niveau européen, les violences se multiplieront sur le territoire ».
Mais les
évolutions en cours nous obligent à faire un diagnostic sur nos forces et nos
faiblesses. Cette démarche doit aussi être un moyen pour changer nos habitudes
afin de nous améliorer et montrer notre savoir faire.
La France
représente encore une puissance sur la scène internationale, elle ne manque pas
d’atouts et sait montrer sa capacité d’adaptation et d’innovation. La place que
la France occupera en Europe et dans le monde en dépend.