Compte-rendu
du dîner-débat du 17 février 2009
En
présence de Monsieur Michel ANFROL
Thème
: l’Europe et l’Amérique d’OBAMA
Par
Christine ALFARGE
L’élection
d’OBAMA suscite incontestablement et mondialement une espérance et une attente.
Il est aux yeux du monde le contrepoids de George BUSH, mais jusqu’où cette
espérance est raisonnable ? Quelles sont les limites de
l’attente ?
La
raison de cette immense espérance.
Les
deux mandats successifs de George Bush ont entraîné l’Amérique dans le chaos,
les guerres incessantes et leurs erreurs ont provoqué une vraie rupture avec le
reste du monde. Désormais, il est indispensable pour les Etats-Unis de changer
de cap.
Le
rêve des américains.
Le
monde entier a suivi tous les instants de l’accession du premier président noir des Etats-Unis, le grand espoir de
changement qu’il a su impulser pendant
sa campagne a même dépassé les frontières de
l’Amérique.
Cependant,
Michel ANFROL nous fait observer que : « lorsque l’on regarde l’élection
d’OBAMA, il est vrai qu’il a été élu avec succès par 53% des électeurs
américains, mais il faut voir aussi qu’il a quand même été rejeté par 47% des
électeurs américains. D’autre part quand on dit que les américains ont
complètement changé de mentalité, on s’aperçoit que le vote état par état dans
les états du sud des Etats-Unis, ce sont 90% des blancs qui ont voté pour MAC
CAIN, finalement la mentalité des américains du sud des Etats-Unis n’a que très
peu changé par rapport à ce qu’elle était il y a quarante ou cinquante
ans. »
Le
contexte américain.
Barack
OBAMA arrive dans une situation parfaitement inédite aux Etats-Unis,
l’accumulation des dettes, des bons du Trésor, des emprunts, des sommes
détournées, c’est près de 20000 milliards de dettes et de déficit américain.
Depuis son élection un demi-million d’américains viendraient augmenter tous les
mois les rangs des chômeurs et selon les prévisions, la fin d’année 2009 risque
d’être catastrophique.
Que
peut-il se produire ?
Une
réaction des syndicats américains, qui n’ont pas été très audibles sous la
présidence républicaine diminués à peu près de tout leur pouvoir, feront
probablement pression sur OBAMA pour l’obliger à acheter américain. Dans de
nombreux domaines, les américains seront obligés de choisir des achats
américains plutôt que des achats étrangers notamment dans le domaine agricole ou
l’acier en revanche pour l’électronique, il leur sera difficile d’acheter
américain puisqu’aujourd’hui 90% de tout ce qui est électronique aux Etats-Unis
vient d’Extrême-Orient. Afin d’enrayer l’hémorragie du chômage, la pression sur
OBAMA va être très forte pour sauver l’industrie américaine à commencer par
General Motors. La crise économique est d’une telle ampleur, qu’elle conditionne
toutes les mesures que ce soit en direction de la couverture santé ou le
développement de l’énergie verte. La crise économique américaine est aussi une
crise sociale.
La
politique étrangère d’OBAMA.
Sur
la scène internationale, de nombreuses difficultés attendent également Barack OBAMA. Avant les élections, il a martelé que pour lui
la priorité était l’Afghanistan et non pas l’Irak, maintenant qu’il occupe le
Bureau ovale de la Maison blanche, comment retirer intelligemment les troupes
américaines d’Irak pour les transférer en Afghanistan. Selon Michel
ANFROL « il est probable qu’OBAMA fera appel aux autres pays
membres de l’OTAN et aux pays membres de l’Organisation du Commandement Intégré
pour venir l’aider en Afghanistan, alors si les français se retrouvent le 4
avril prochain de nouveau à l’intérieur du Commandement Intégré de l’OTAN, il
leur sera difficile de refuser à OBAMA d’envoyer encore 5000 ou 10000 soldats,
encore faudra-t-il les trouver ». Des désaccords pourraient
rapidement émerger avec le nouveau président des Etats-Unis car la France et les
Européens considèrent que leur
contribution en Afghanistan est suffisamment élevée. Le sujet iranien suscite
également l’inquiétude des Européens face à l’attitude de Barack OBAMA qui se dit prêt à engager des discussions sans
préalable avec l’Iran. L’intérêt principal des américains aujourd’hui, ce sont
les relations avec les pays du Pacifique. Barack OBAMA
qui a vécu longtemps en Indonésie, veut entretenir les meilleures relations avec
ce pays là.
Les
relations avec la France et l’Europe ne seront pas l’objectif prioritaire
d’OBAMA sinon pour demander à certains pays européens et surtout la France de
l’aider à poursuivre l’effort entrepris en Afghanistan. Quoiqu’il en soit
l’arrivée de Barack OBAMA change la donne sur le plan
international et annonce la fin de l’unilatéralisme pour faire place à un monde
multipolaire composé de nouveaux pays émergents.
Les
relations entre les Etats-Unis et la France.
Par
un détour historique de La FAYETTE au Général de GAULLE, les Etats-Unis et la
France que l’on présente comme deux pays qui se sont toujours entendus, ont eu
souvent des relations tumultueuses.
Le
21 février 1966, lorsque le Général de GAULLE annonce sa volonté de se retirer
du commandement militaire de l’OTAN, tout en restant membre de l'Alliance, nous
assistons à la fin d'un processus de désengagement qui avait débuté en 1959,
après le refus britannique de sa proposition de cogestion par les États-Unis, le
Royaume-Uni et la France de l'état major de l’OTAN.
En
réalité, c’est à travers son souhait de disposer de l'arme nucléaire pour ne pas
être dépendante des États-Unis que le Général de GAULLE permettra à la France de
faire entendre sa voix et de faire partie des cinq membres permanents du Conseil
de sécurité des Nations unies dont la responsabilité principale est le maintien
de la paix et la sécurité internationale.