par
Nicolas Dupont-Aignan,
président
de Debout
La République
Ce n’est pas parce que le
gouvernement et l’UMP mènent une mauvaise politique
qu’il faut soutenir le PS, qui propose une politique tout aussi mauvaise, bien
que différente en apparence. Voilà pourquoi, tout simplement, je n’ai pas voté
la motion de censure. Contrairement à ce que certains peuvent croire, ce n’est
pas par timiditépolitique. J’avais en effet voté sans
état d’âme la motion de censure sanctionnant la réincorporation complète de la
France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN et l’envoi de troupes en
Afghanistan. Mais, à l’époque, le PS était clair dans ses propositions, qui
rejoignaient les nôtres, ayant tout à coup fait sienne une doctrine gaulliste
d’indépendance nationale qu’il avait jusqu’alors toujours combattue. Ce n’est
pas le cas en matière économique aujourd’hui, très loin de là. Le projet de plan
de relance du PS est à cet égard affligeant, puisqu’il prône la relance par la
consommation sans remettre en cause le libre échange intégral voulu à Bruxelles,
lequel rend absurde toute politique de ce type (comme ont beau jeu de le
souligner le gouvernement et la majorité).
Ainsi, comme l’UMP, le PS refuse de voir qu’il n’y a pas de redressement
possible de la France sans changer le cadre européen. Bien sûr, comme
d’habitude, l’approche des élections européennes fait resurgir à sa tête
l’éternelle tarte à la crème de « l’Europe sociale ». Mais comment y prêter le
moindre crédit ? Comment ignorer la sécession d’une partie du PS, emmenée par
Jean-Luc Mélenchon, précisément pour cette raison ?
Comment oublier, en ce qui
concerne plus particulièrement l’actuelle première secrétaire du PS, Martine
Aubry, les promesses que cette dernière avait faites juste avant la ratification
du traité de Maastricht en 1992, et qu’un blogueur
associé du site Marianne2.fr vient de rappeler fort à
propos : « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un
certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe
sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus
inquiets sur ces contrevérités [...] Comment peut-on dire que l’Europe sera
moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de
protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992,
Béthune). CQFD…
Debout la République garde le
cap, face à une UMP et un PS qui ne veulent pas, chacun à leur façon, remettre
en cause le cadre européen. Un cadre européen qu’ils ont infligé au peuple
français contre sa volonté, qui prive le pays de toute marge de manoeuvre pour
se redresser, mais qu’ils n’ont, bien entendu, pas le courage ni la franchise
d’assumer ! C’est ainsi, en évitant le piège d’un front commun avec un PS en
réalité d’accord avec l’UMP sur l’essentiel, que nous
serons pleinement en mesure de proposer aux Français une autre Europe le 7
juin.
Jouons notre rôle de parti
politique en faisant connaître nos solutions concrètes pour sortir de la crise.
Des solutions fortes que nous avons proposées il y a déjà des mois. Des
solutions qui vont aux racines des problèmes. Des solutions cohérentes et
globales, bien loin du bavardage des deux partis dominants, de leurs alliés et
de leurs faux opposants.