« FACE à LA CRISE »

« FACE à LA CRISE »

 

par Georges Aimé

 

 

Lors de cette émission, le Président de la République a soufflé le chaud et le froid.

Le froid c’est :

 - la non prise de participation dans les banques que l'état renfloue ;

- aucun mot sur les maux des Antilles ;

- l’hypocrisie qui consiste aujourd’hui à trouver admirable que les étatsuniens aient voté pour Obama alors que seul Bush semblait compter;

- une politique de l’immigration chaotique ;

- l'absence de réelles concertations avec les partenaires européens ;

- l’absence de politique étrangère.

 

Le chaud c’est :

- la relance par l’investissement(s’ajoutant aux différentes primes pour inciter à la consommation) ;

- la remise en état des voies d’eau (canaux) ;

- la construction du second EPR (enfin !) ;

- la participation des salariés aux résultats de l’entreprise (de Gaulle avait prévu cela dès 1943 sous les noms de Participation et d’association capital-travail en 1948) ;

- la suppression de la taxe professionnelle (ça fait trente ans que l’on en parle) ;

- la suppression des communes (32.000 communes ont moins de 2.000 habitants) ;

- la suppression des départements (les besoins de 2009 n’ayant pas grand-chose à voir avec ceux de 1790) ;

- la suppression des « bonus » aux dirigeants des grandes banques (il eût été également souhaitable de plafonner leurs salaires) ;

- la remise en cause des paradis fiscaux (Andorre, Monaco, Luxembourg, en attendant les autres) ;

- la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu pour aider les ménages les moins aisés.

Bien sûr il va falloir regarder de près quel est le nouvel impôt qui remplacera la taxe professionnelle, principale ressource des collectivités locales et territoriales (peut-être la TVA sociale qui pénaliserait les produits importés hors zone Europe avant l’élargissement ou les économies réalisées par la suppression de 32.000 communes - sur 36.000 -, de l’intercommunalité et des départements).

 

On peut craindre que tout cela ne soit qu’effet d’annonces... mais ce serait dangereux et le plus sûr moyen de donner le pouvoir à la rue, avec toutes les conséquences que cela engendrerait. En tous cas les vitupérations de l’opposition ne sont pas fondées et le projet du PS prônant une relance à l’anglaise par la consommation est une vieille ficelle effilochée dont on sait que seule, elle n’a jamais rien donné. Les Allemands font les deux (leur réflexe national, consistant à privilégier les produits fabriqués chez eux, joue en leur faveur).

 

Quand un pays en est arrivé à n’avoir pour opposition crédible – instrumentalisée – qu’un trotskyste (qui change le nom de son parti pour ne pas laisser apparaître ce qu’il est), on peut s’interroger sur un système éducatif qui n’a pas appris à ses enfants ce qu’est la démocratie et à faire la distinction entre usurpateurs et véritables hommes d’État. Chaque citoyen est responsable de ses actes et du bulletin qu’il met dans l’urne et n’a pas à attendre qu’on lui dicte ce qu’il doit faire... ou alors nous ne sommes plus en démocratie. Je crains que les dirigeants socialistes (pourtant enfants de ces hussards de la République que furent autrefois les instituteurs), soient eux aussi dans leur bulle et ne pensent qu’à livrer du « prêt-à-penser » et du « je-sais-cequi- est-bon-pour-vous » ! Aller, circuler je suis énarque et je sais !

 

Pauvres politiciens de tous poils plus attachés à sauver leurs sièges et leurs avantages acquis (quand il s’agit de s’octroyer une confortable augmentation, ils sont tous d’accord), que de réfléchir ENSEMBLE aux solutions à apporter dans un monde qui n’a pas fini de nous poser des problèmes... dans cinquante ans nous serons neuf milliards ! La vérité est qu’il faudrait que les Français admettent que leur pouvoir d’achat va baisser ! Il est tout aussi vrai que l’exemple venant d’en haut, il conviendrait que les dirigeants, au plus haut sommet de l’État, donnent l’exemple. C’est la seule façon d’éviter la révolte des modérés pour reprendre la prédiction de Jacques Dauer.

 

Les élections européennes de juin vont, plus que jamais, démontrer le clivage qui existe entre dirigeants et peuples mais il ne faudra pas se tromper de cheval. Nous attendrons donc des futurs candidats des réponses précises sur les moyens à mettre en place pour permettre à nos entreprises de vivre (TVA sociale, etc.) ; sur la poursuite et le développement de l’énergie nucléaire ; sur le développement des énergies renouvables (billevesées ou réellement utiles) ; sur le développement des recherches scientifiques et médicales ; sur la politique d’immigration ; sur le devenir de notre armée ; sur la francophonie (lycées français, alliances françaises, bourses, etc.) ; sur la place de la France en Europe (active, passive, limite de l’acceptable) et dans le monde (face aux Étatsuniens, aux Chinois et aux Indiens) ; sur sa réintégration dans l’Otan (nécessité militaire ou géostratégique, perte d'indépendance...), etc.

 

Toutes ces interrogations, communes aux peuples d’Europe, entraînent partout les mêmes angoisses mais aussi les mêmes espérances. France, espoir de l’Europe, ceux qui te représenteront seront tes sauveurs ou tes fossoyeurs. À suivre…

 

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19.02.2009

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