Politique-enquête-Clearstream
Clearstream:
Villepin sera jugé pour l'ensemble des chefs de sa
mise en examen
PARIS,
19 nov 2008 (AFP)
- Dominique de Villepin est renvoyé devant le tribunal
correctionnel de Paris pour l'ensemble des chefs de sa mise en examen dans
l'affaire Clearstream, a-t-on appris mercredi de
source proche du dossier.
L'ancien Premier ministre avait été mis en examen le 27 juillet 2007 pour
"complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de
vol et recel d'abus de confiance".
Dans leur ordonnance, les juges en charge du dossier, Jean-Marie d'Huy et Henri
Pons, ont retenu contre M. de Villepin l'ensemble de ces chefs de prévention alors que le
parquet n'avait requis son renvoi que pour "complicité de dénonciation
calomnieuse".
Dans leur ordonnance, les magistrats instructeurs justifient la "complicité de
dénonciation calomnieuse" et "la complicité d'usage de faux" par le fait que
l'ancien Premier ministre aurait, en avril 2004, donné instruction à Jean-Louis
Gergorin de transmettre à la justice des listings
accusant des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, de détenir des comptes
occultes à la chambre de compensation Clearstream, en
sachant que ces documents étaient des faux.
Les juges estiment que cette dénonciation calomnieuse relève d'un processus
initié le 9 janvier 2004 lors d'une réunion au quai d'Orsay au cours de laquelle
M. de Villepin, alors ministre des Affaires
étrangères, avait demandé, en présence de M. Gergorin,
au général Philippe Rondot, un spécialiste du
renseignement, d'enquêter sur les listings.
Pour le parquet, "l'existence d'instructions données par Dominique de Villepin à Jean-Louis Gergorin,
tendant à saisir ou informer un juge de l'affaire des listings" ne procède que
des "seules allégations" de M. Gergorin.
"A supposer que M. de Villepin a pu entrevoir
favorablement la présence d'adversaires politiques sur les listings et qu'il a
incité (...) à communiquer ces éléments à la justice, écrivait le parquet dans
son réquisitoire, l'instruction ne rapporte pas la preuve, de manière objective,
de (sa) connaissance, au mois d'avril 2004, du caractère fallacieux" des
documents.
"Le recel d'abus de confiance" et "le recel de vol" reprochés à M. de Villepin sont justifiés, selon les juges, par le fait que
les faux listings adressés à la justice provenaient de vrais listings de la
chambre de compensation luxembourgeoise illégalement conservés par un auditeur
d'Arthur Andersen, Florian Bourges.
pr/mat/sm/phi
AFP