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Angolagate: Jean-Christophe Mitterrand s'explique sur ses "honoraires"

   Par Jean-Louis PANY

   PARIS, 19 nov 2008 (AFP) - Le procès de l'Angolagate a épluché mercredi les comptes de Jean-Christophe Mitterrand, accusé d'avoir perçu jusqu'à 14 millions de FF de commissions occultes de la part de l'homme d'affaires Pierre Falcone, une somme qui correspond à des "honoraires", assure le fils aîné de l'ex-président.

   "Ce sont les honoraires de mes travaux avec M. Falcone...Je lui apportais des conseils et il me les rémunérait", résume-t-il devant les juges du tribunal correctionnel de Paris.

   Ces "conseils", avait-il expliqué aux enquêteurs qui n'ont trouvé aucun document, en témoignant, se faisaient "oralement", voire "sur une nappe de restaurant". "Je lui ai donné confiance en l'Angola car je lui disais que (le président José Eduardo) Dos Santos allait gagner" contre les rebelles de l'Unita.

   En clair, ce serait grâce à cet ancien conseiller aux affaires africaines à l'Elysée que Pierre Falcone et son associé Arcadi Gaydamak s'étaient décidés à vendre des armes de guerre à l'Angola dans les années 90, un commerce qui leur a rapporté 790 millions de dollars.

   - "J'étais rémunéré aux résultats", dit M. Mitterrand.

   - Selon quels critères ?, lui demande une juge.

   - "On discutait sur le moment, cela dépendait. On n'avait pas fixé de pourcentage".

   Quand des bénéfices étaient dégagés, M. Falcone lui signalait qu'il allait toucher une commission, assure-t-il.

   Un virement de 525.000 dollars sur son compte suisse de la part de la  banque monégasque de sociétés basées aux îles Vierges ? "M. Falcone m'a dit: +j'ai de l'argent pour vous+ alors j'ai dit +virez-le moi+!", explique-t-il.

   Un virement de 550.000 FF ? "c'était le paiement très en retard d'une étude que j'avais faite pour une société nigériane. J'ai complètement oublié comment elle s'appelait. C'était un nom compliqué à la nigériane".

   Mais Pierre Falcone a aussi viré 300.000 dollars à Iwik, la société que le fils Mitterrand avait créée pour monter une usine de poissons en Mauritanie, qui ne verra jamais le jour.

   Aux enquêteurs, il avait d'abord assuré que cela correspondait à une augmentation de capital, avant d'admettre avoir "oublié" qu'il s'agissait aussi d'une "rémunération" pour ses conseils.

   "Falcone me disait +votre honoraire est de tant, où voulez-vous que je le vire?+", répète-t-il aux juges.

   Pour l'accusation, Iwik, qui versait un salaire et remboursait des frais au fils Mitterrand, servait en fait au "recyclage" des fonds qu'il percevait de Pierre Falcone.

   Jean-Christophe Mitterrand s'explique aussi sur un virement de 30.000 dollars effectué cette fois-ci par lui-même sur un compte de Pierre Falcone, qu'il s'apprêtait à visiter dans sa résidence américaine.

   "C'était l'époque des vacances. Je n'avais pas encore de carte bleue sur ce compte et dans les Rocheuses, on n'avait pas beaucoup de possibilités de changer de l'argent", dit-il.

   "Ces dollars, il devait me les redonner. D'ailleurs, il est resté bénéficiaire car j'ai passé des vacances très calmes et peu onéreuses", lance celui qui dit aujourd'hui ne plus percevoir aucun revenu et vivre au domicile de sa mère, à Paris.

   Après tous ces détails, le président Jean-Baptiste Parlos s'étonne un peu que, lors de la perquisition de son appartement, Jean-Christophe Mitterrand avait assuré au juge Philippe Courroye n'être pas en affaires avec Pierre Falcone.

   "Je n'ai pas de compte avec lui. Il est possible qu'il m'ait remis une fois 200 francs pour un taxi", avait-il lancé.

   "J'ai répondu a minima parce que je ne savais pas pourquoi il était là. Ce juge était d'une agressivité incroyable alors je l'ai envoyé un peu sur les roses", explique-t-il aujourd'hui.

  

   pjl/mat/ls/sh

AFP

 

 

 

 

 

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12.11.2008

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