Proche-Orient
: Kouchner sceptique sur un accord rapide
L.S.
(lefigaro.fr) avec AFP et AP 04/10/2008 | Mise à jour : 12:37
Le
ministre des Affaires étrangères souhaite sortir le processus de paix du « trou
d'air » dans lequel les turbulences politiques israéliennes et la campagne
américaines l'ont plongé.

«
Je ne sais pas si nous verrons un Etat palestinien avant la fin de l'année, mais
je sais que cet Etat est absolument nécessaire, c'est une clef indispensable ».
Tout en ne cessant de plaider pour un accord rapide sur la création d'un Etat
palestinien, le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner s'est
montré sceptique sur un accord avant la fin 2008.
En
visite samedi à Jénine, le patron du Quai d'Orsay a souligné le retard pris dans
le processus de paix. «Nous étions supposés disposer d'un document, pas d'un
résultat définitif mais de quelque chose, avant la fin de l'année, et nous
savons tous à présent que cela prendra un peu plus de temps», a-t-il déclaré à
l'issue d'un entretien avec le premier ministre palestinien Salam
Fayyad.
Bernard
Kouchner a entamé une visite en Cisjordanie et en Israël destinée à plaider pour
le maintien des efforts de paix, dans un contexte
d'incertitudes politiques en Israël et aux Etats-Unis. Les
flottements liés à l'élection américaine et aux turbulences politiques
israéliennes, où la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni tente de former
un cabinet «font que nous sommes dans un trou d'air» sur ce dossier, selon les
mots d'un haut diplomate français.
Arrivé
vendredi soir dans la région, il a visité samedi matin Jénine en compagnie de M.
Fayyad pour rendre hommage aux efforts de l'Autorité palestinienne visant à
instaurer la sécurité sur place. Il doit rencontrer en soirée le président
palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah et s'entretenir dimanche avec les
principaux dirigeants israéliens, notamment Ehoud Olmert et Tzipi Livni. Il
devrait notamment insister auprès de l'Etat hébreu pour qu'il allège les
restrictions aux déplacements dans les Territoires palestiniens, qui asphyxient
l'économie locale. Il entend également mettre l'accent auprès de ses
interlocuteurs israéliens sur le gel de la colonisation juive en
Cisjordanie.
Sa
visite s'inscrit dans la foulée de la réunion du Quartette (Etats-Unis, Russie,
ONU, UE) la semaine dernière à New York, qui a appelé les deux camps à «déployer
tous les efforts nécessaires» pour un accord de paix avant la fin de
l'année.





